Lèche-Vitrine, Littérature
Félicia Balzano — Mercredi, 30 septembre 2015

À la croisée des silences de Chloé Sainte-Marie, une oeuvre complète, complexe et nécessaire

Poème de Patrice Desbiens

À l’occasion de l’édition 2015 du Festival International de la littérature, nous avons eu l’honneur de nous entretenir avec l’artiste Chloé Sainte-Marie qui présentera À  la croisée des silences sur la scène de la Cinquième Salle de la Place des Arts, les 2 et 3 octobre prochain.

Lors de la conférence de presse du dévoilement des nominations du Gala de l’ADISQ, qui avait lieu le 22 septembre 2015, le spectacle a été nominé trois fois, pour le Spectacle de l’année – Interprète, Metteur en scène de l’année, de même que pour Sonorisateur de l’année.

En 2014, Chloé Sainte-Marie fait paraître une toute nouvelle œuvre, un livre-album ou album-livre, À la croisée des silences. Ode à la vie et véritable aboutissement, ce concept tout particulier s’est «fait de soi», raconte-elle. L’inspiration a découlée des poèmes qui ont traversé sa vie dans les dix dernières années. Des poèmes qui ont littéralement marqué les derniers moments passés entre la chanteuse et son partenaire de vie, le regretté Gilles Carle.

Chloé en spectacle

Aux yeux de Chloé Sainte-Marie, le poème répond à la chanson, et vice-versa. Il faut «prendre le poème et se l’approprier». Pour l’artiste, lorsque la symbiose se crée entre la mélodie, la voix, et le texte d’un poète, c’est un sentiment de transcendance qui s’empare d’elle. Chloé Sainte-Marie souligne l’importance de «se laisser porter par les mots» dans son processus de création.

Lorsque j’ai demandé à Chloé Sainte-Marie comment s’est déroulé le travail de sélection des poèmes qui paraissent et qui sont aussi chantés dans À la croisée des silences, elle évoque plusieurs moyens. D’abord, les poèmes ont tous traversé l’univers de la chanteuse dans les dix dernières années. Les textes qu’elle a choisis sont ceux qu’elle a apprivoisés et qui l’ont fait vibrer. Lorsqu’on pense à la chanson Lassitude, dont les paroles sont celles du poème original de Saint-Denys Garneau, on pense aussi à cette évidence dont elle parle. Lassitude est l’exemple parfait de comment s’est construit l’album-livre.

Le véritable défi pour la chanteuse est essentiellement de faire part de «l’en-deçà du texte, le dedans du poème» comme elle l’appelle. Une tâche que l’artiste s’approprie parfaitement grâce à, notamment, ses fortes performances sur scène. Le public aura d’ailleurs la chance d’assister à une version complète et complexe de À la croisée des silences. Les 2 et 3 octobre prochain, la scène de la Cinquième Salle de la Place des Arts accueillera plus de 52 choristes, plusieurs musiciens, un décor fantastique composé d’un ciel fait de 80 arbres suspendus, ainsi que de splendides installations lumineuses.

Chloé en spectacle

En demandant à l’artiste si le spectacle s’imposait comme une évidence à travers son processus de création de À la croisée des silences, elle confirme le tout, sans aucun doute. Chloé Sainte-Marie a financé la production de L’album-livre. Huit mois effrénés ont été nécessaires afin de concevoir l’album. C’est ensuite trois mois qui ont été réservés exclusivement à la conception du spectacle. La création de cette performance constitue l’aboutissement de l’œuvre et la touche indispensable à l’expérience.

L’artiste nous raconte que ce qu’elle est devenue au fil des ans, elle le doit à Gilles Carle. Elle souligne que c’est lui qui «l’a amenée là-dedans, avec toutes sa force» et ensuite même lors de «sa maladie diabolique», il a absolument coloré toute sa vie comme elle le dit si bien.

Chloé Sainte-Marie termine l’entrevue sur de belles paroles, à la fois justes et simples, afin de qualifier sa collaboration, qu’elle nomme naturelle, avec le Festival international de la littérature : «la poésie est au fond de mon être».

Pour assister au spectacle, réservez vos billets ici.

Entrevue réalisée par Félicia Balzano

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