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Tristan Malavoy-Racine — Jeudi, 19 février 2015

Incandescente Chloé Sainte-Marie

photo Pierre Dury
Photo : Pierre Dury

Chloé Sainte-Marie vient de boucler «les» premières de son nouveau spectacle, comme elle le dit. Du 11 au 14 février, à la Cinquième salle de la Place des Arts, puis à la salle Octave-Crémazie du Grand Théâtre de Québec, le 17, elle mettait en effet au monde le volet scénique d’À la croisée des silences, son plus récent disque.
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Des soirées de prises de risques, de folles envolées, oscillant entre la sobriété et l’arrangement à grand déploiement — un chœur d’une quarantaine de personnes, fondu dans le public, se lève par moment pour chanter avec elle.

Incandescente, avec un je-ne-sais-quoi de plus assumé que jamais dans la voix, celle qui a choisi pour matière première les mots de Joséphine Bacon, Patrice Desbiens, Madeleine Gagnon, Roland Giguère, Fernand Ouellette et autres poètes québécois plus reconnus que lus nous rappelle la portée d’une chanson où le texte n’a rien de secondaire.

Entre l’économe beauté des vers de Louise Dupré et les plongées enivrantes dans l’exploréen, cette langue inventée par Claude Gauvreau, Chloé Sainte-Marie monte et descend toute la gamme des émotions, portée par des musiques signées entre autres par Sylvie Paquette et Yves Desrosiers.

À ses côtés, Réjean Bouchard et Gilles Tessier, irréprochables hommes-orchestres, tissent un canevas sonore raffiné, toujours au service des mots et de leur interprète. Coup de chapeau également à Philippe Cyr pour la mise en scène discrète mais précise, qui clarifie le cap d’un navire engagé sous les grands vents de la poésie.

Chloé Sainte-Marie avait reçu, en 2006, le prix Félix du spectacle de l’année. Il ne serait pas étonnant qu’il arrive aussi de bien belles choses à ce spectacle-là, qui circulera bientôt à travers le Québec. Le calendrier de tournée n’est pas encore disponible, mais on annonce déjà deux supplémentaires à la Cinquième salle de la PDA, les 24 et 25 avril.

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