Chloé, Mardi, 29 septembre 2015

À propos de la poésie

Tiré d'une entrevue de Josée Lapointe, LaPresse, 29 septmbre 2014

Ardente lectrice de poésie - «Je ne lis que ça!» - elle a trouvé dans les mots des autres le moyen d'exprimer sa tristesse, son deuil, ses espoirs, sa vision du monde, sa «vie avec Gilles».

«Quand je suis tombée sur Lassitude en 2007 [de Saint-Denys Garneau], j'étais en dépression profonde, raconte-t-elle. Gilles était au plus mal, il n'y avait plus d'argent, ce poème disait exactement ce que je ressentais.»

La poésie sauve la vie, donc? «C'est une nourriture de survie. C'est ce qui m'a permis de passer à travers cette grande douleur de voir l'être qu'on aime dépérir tous les jours.»

Un observateur attentif remarquera qu'aucun texte de Gaston Miron ne fait partie de la sélection...

Celle qui a connu Miron à l'âge de 18 ans, avait envie d'en faire découvrir de nouveaux. «Ça n'a pas de sens, ce sont des génies de la langue, de l'écriture, de l'invention, et personne ne les connaît!»

Elle regrette d'ailleurs de ne pas en avoir mis davantage, s'excusant presque d'avoir dû faire des choix... On la rassure en lui disant qu'À la croisée des silences est un projet généreux et que personne ne pourra l'accuser d'avoir été chiche.

«Merci... Ce florilège qui inclut aussi des plus jeunes, j'y tenais. Ce sont tous de grands poètes, comme Fernand Ouellette, qui est celui que je mets en lumière. Je refuse qu'il n'y ait qu'un poète par peuple. Ce serait trop réducteur de dire que Miron, et Dieu sait que je l'ai chanté, est le seul.»

Elle continue donc son travail de défrichage et de porte-voix avec ce disque grave et lumineux. «C'est un portrait de la poésie québécoise, et de nous-mêmes.»