Chloé, Mardi, 7 février 2012

Parce que je suis une métisse ! Je suis une métisse, comme tous les Québécois !

Tiré d'un article de Michèle Chanonat, États de Splendeur, 7 février 2012

Chloé Sainte-Marie vient de sortir un album, intitulé Nitshisseniten e tshissenitamin / Je sais que tu sais, entièrement interprété en langue innue. Quand on lui demande simplement pourquoi, Chloé Sainte-Marie s’écrie: « Parce que je suis une métisse ! Je suis une métisse, comme tous les Québécois ! »

Ses racines, Chloé Sainte-Marie les a plantées dans l’amitié fertile qui la lie avec la poétesse montagnaise Joséphine Bacon, affectueusement surnommée Bebitte : « Je parle un peu innu, je l’apprends avec Bebitte. C’est elle qui a commencé à écrire des chansons en innu pour moi, c’est son amitié qui m’a menée à ça ! Apprendre l’innu est une démarche que tous les Québécois devraient avoir, on devrait l’enseigner dans les écoles ! L’incompréhension vient du manque de communication, mais comment se parler si on ne partage pas la même langue ? »

« Au début, quand je chantais en innu ou en mohawk, certaines personnes sortaient de la salle. Maintenant, le public est touché. Quelque chose a changé, depuis dix ans, dans notre perception des autochtones... enfin, je le souhaite ! »

« Les Indiens, on les a dépouillés, on les a massacrés: en 400 ans, 50 millions de morts, c’est le plus grand génocide de l’histoire ! Alors, oui, ma démarche, mon spectacle sont politiques. L’enjeu environnemental passe par les Indiens, on ne peut pas continuer à détruire leur territoire avec des barrages ».

« La reconnaissance passe par la connaissance et le respect, des deux côtés ! dit Chloé. La culture autochtone fait partie de notre patrimoine, mais encore faudrait-il la reconnaître, la préserver, l'encourager. Elle n’est pas encore entrée dans le cœur des gens. Alors disons que moi, ce que je fais, c’est un petit geste parmi d’autres, pour aller dans cette voie... »