Les spectacles


La chanteuse Chloé Sainte-Marie se joint à Via Voce
Chambly Matin
Isabelle Bourassa
7 mars 2017

Revue de l'année 2016 - AOÛT
Le Placoteux
29 décembre 2016

La poésie comme souffle de vie
Le Droit
Valérie Lessard
7 décembre 2016

Gilles Carle, en écho aujourd'hui
Le Devoir
Odile Tremblay
1er décembre 2016

Au bout du monde...
Ici Radio-Canada
Joane Bérubé
26 novembre 2016

Chloé Sainte-Marie au Cap Bon-Ami
Le Pharillon
Jean-Philippe Thibault
25 novembre 2016

« Raconte-moi la terre »
L'Avantage gaspésien
Joël Charest
27 septembre 2016

Une expérience unique et un événement grandiose
Le Placoteux
Maurice Gagnon
23 août 2016

Intime et symphonique
LePlacoteux
Maxime Paradis
8 août 2016

Chloé Sainte-Marie au Kamouraska
InfoDimanche
6 août 2016

Rendez-vous intimes à l’Espace Félix-Leclerc
Journal de Québec
Yves Leclerc
26 mai 2016

Chloé Sainte-Marie deux soirs à l’Ange Vagabond
Accès laurentides
Valérie Maynard
17 mai 2016

Les Eurochestries
InfoDimanche
Andréanne Lebel
8 mai 2016

Une 4e date
LaNouvelle
Manon Toupin
16 février 2016

Chanter c'est migrer de ville en ville
LaNouvelle
Manon Toupin
18 janvier 2016

Le chœur Daveluy
LaNouvelle
Manon Toupin
12 janvier 2016

Une oeuvre complète, complexe et nécessaire
Lèche-Vitrine
Félicia Balzano
30 septembre 2015

Mille fois recommencer
Voir
Julie Ledoux
16 septembre 2015

Report du spectacle de Chloé Sainte-Marie
Le Courried Sud
2 septembre 2015

Livres en scène
La Presse
Marie-Christine Blais
28 août 2015

De Gainsbourg à Leblanc
Voir
Julie Ledoux
25 août 2015

« À la croisée des silences »
Le Courried Sud
Joanie Mailhot
21 août 2015

Thomas Hellman et Chloé Sainte-Marie au FIL 2015
Le Lien Multimédia
27 juin 2015

Première soirée réussie à l'Outaouais en fête
Le Droit
Avec La Presse Canadienne
24 juin 2015

Thomas Hellman et Chloé Sainte-Marie
Huffington Post
Mélissa Pelletier
16 juin 2015

Envoûtante et magistrale
La Presse
Caroline Rodgers
23 février 2015

Incandescente Chloé Sainte-Marie
L'Actualité
Tristan Malavoy-Racine
19 février 2015

Un spectacle magistral
Info-Culture
Marie-Josée Boucher
18 février 2015

Le feu sacré
Le Soleil
Geneviève Bouchard
17 février 2015

Une étoile sous les bouleaux
Le Devoir
Yves Bernard
13 février 2015

Chloé Sainte-Marie, Keith Kouna
Journal de Montréal
Catherine Chantal-Boivin
8 septembre 2014

Le Devoir, Actualités culturelles
Odile Tremblay — Jeudi, 1er décembre 2016

Gilles Carle, en écho aujourd'hui

L’endroit n’était pas bien loin, mais il fait noir de bonne heure en ce temps-ci de l’année… Du coup, ça semblait une petite expédition de se rendre dans Hochelaga-Maisonneuve, près des nouveaux bureaux de la Fondation Gilles-Carle. Le métro était en retard, l’autobus aussi. Quelques frissons de saison… et la porte s’ouvrit.

Le bistro Le Ste-Cath était rempli des gens du quartier, mais aussi des proches de Gilles Carle, mort il y a sept ans tout juste, des choristes et du musicien Réjean Bouchard. Elle est tellement chaleureuse, Chloé Sainte-Marie, en muse qui virevolte. Si vivante, mais traînant ses amours passées dans ses bagages. On se réchauffe au contact de la fille aux cheveux rouges.

Elle lançait là-bas le vidéoclip Auréoler sans tambour ni trompette, sous la direction artistique d’Hugo Latulippe. Mariant des scènes du documentaire de Charles Binamé Gilles Carle ou l’indomptable imaginaire à des images du rapatriement des cendres de son célèbre conjoint à l’île Verte pour les inhumer, le clip ressuscitait le cinéaste de La vraie nature de Bernadette, par-delà son enterrement.

Les films de Gilles Carle lui survivent, mais parfois un coup de pouce hors des oeuvres semble nécessaire pour garder à vif les héritages.

Bonne chose donc, si la Fondation des aidants naturels initiée par Chloé, offrant un répit aux accompagnateurs des grands malades, porte le nom du disparu.

Ça aurait pris une porteuse de mémoire à Claude Jutra, dont le Québec a effacé le nom en deux coups de cuillère à pot. Il n’était pas un saint, Gilles Carle, grand érotomane s’il en fut. Faudrait pas trop creuser pour l’écorcher. D’ailleurs on s’en garde. Souhaitons-lui de mugir en paix face à son fleuve chéri.

Chloé s’est élancée avec son groupe sur la petite scène du bistro Le Ste-Cath. C’était son spectacle À la croisée des silences en condensé avec des poèmes incendiaires comme Larguez les amours de Patrice Desbiens. Claude Gauvreau était de la fête, Jean-Paul Daoust aussi et les Premières Nations.

Elle peut bien chanter en innu, en latin, en français ou en exploréen, Chloé Sainte-Marie, c’est sa fougue qui épate. Et le flambeau de Carle porté au bout de ses bras.

On la félicitait de préserver si bien le souvenir. Mais la chanteuse s’inquiétait un peu : « Pour ses films, je ne sais pas trop. En tout cas, l’ONF devrait sortir quelque chose dans ses futurs locaux du Quartier des spectacles. » L’Office le fera sans doute. Pas juste parce que Chloé veille, mais ça doit bien aider un peu.

Grabuge

En sortant après le show, sur Sainte-Catherine Est, je songeais à quel point ce coin de Montréal s’est transformé pour le meilleur et pour le pire. Les petits bistros, les fondations comme celle de la Maison Gilles-Carle poussent sur un terrain autrefois plus trash.

Ce n’est pas juste le Plateau qui a changé de gueule depuis l’enfance de Michel Tremblay. Plus à l’est, la ville s’embourgeoise de concert. Voici les marginaux de tous poils indésirables en leurs terres consacrées, les plus pauvres tassés encore en périphérie. Les loyers grimpent. Les couteaux s’affûtent. Ambiance !

La nuit avant l’hommage anniversaire à Gilles Carle, il y avait eu du vandalisme dans cinq commerces d’Hochelaga-Maisonneuve (boutiques de meubles, salon de coiffure bobo, agence immobilière) en protestation contre la gentrification du quartier. Des actes à la fois revendiqués et anonymes. On a lu le manifeste, évoquant un acte de guerre, sur le site anarchiste Montréal Contre-information. Ce n’était ni la première attaque (22 depuis le début 2016) ni la dernière, mais en aspergeant de peinture et en démolissantl’intérieur des commerces, les casseurs masqués débordaient du saccage des vitrines.

« Ces boutiques sont le visage sympathique d’un processus violent que nous désirons saboter », préviennent les auteurs, disant s’opposer au nettoyage social.

À l’opposé, plusieurs voix s’élèvent pour réclamer davantage de caméras de surveillance et de patrouilles policières. Des remue-méninges se préparent dans le quartier en cellule de crise. Les commerçants touchés, paisibles, s’affolent.

Pourquoi moi ?

Des cibles au hasard…

Oui, on comprend la frustration d’une population bousculée et évincée. Mais comment se désolidariser du malheur des marchands ? Et pas question de défendre des actes de terrorisme ! Il doit bien exister d’autres méthodes que la violence d’un bord et la répression de l’autre. Fallait-il attendre avant de négocier que deux couches sociales soient ainsi dressées nez à nez ?

Ces questions se bousculent en sortant d’un bistro accueillant, d’un spectacle au profit d’une fondation qui aide les gens à en aider d’autres, en plein quartier déchiré. Gardant en tête l’hommage à un cinéaste proche de son peuple jusqu’à se fondre en lui.

Bobos, artistes, junkies, « BS » se côtoyaient dans l’oeuvre de Gilles Carle en un vrai pudding chômeur, offert à la ronde. Chloé Sainte-Marie chante à sa suite les mixités. On rêve dans leur sillage qu’il y ait moyen là-bas de moyenner.

[Source]